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La signature du contrat-programme du secteur devra attendre. Les termes de rfrence et le rglement de consultation des entreprises ncessaires au lancement de lappel doffres sont finaliss depuis plusieurs semaines. Pourtant, le contrat ncessitera un temps de rflexion de la part des pouvoirs publics.

TableauLagroalimentaire tirera-t-il son pingle du jeu ? Le lancement de la nouvelle stratgie industrielle tait attendu comme une cure de jouvence par les professionnels du secteur en manque flagrant de comptitivit. Le ministre de lIndustrie a fait part de sa volont de faire de lindustrie une locomotive de la croissance et de lemploi. Le ministre na toutefois pas donn de prcisions sur la place occupe par les branches sectorielles de lindustrie dans la nouvelle stratgie industrielle, regrette Amine Berrada Sounni, prsident de la Fdration nationale de lagroalimentaire (Fenagri). Reste quun certain nombre de secteurs sont concerns par les conventions qui ont t signes loccasion de la prsentation de la stratgie dacclration industrielle par le ministre de lIndustrie, du commerce, de linvestissement et de lconomie numrique, Moulay Hafid Elalamy. Des conventions que le ministre sattle aujourdhui oprationnaliser en multipliant les rencontres avec les professionnels. La dernire en date sest tenue avec les reprsentants du secteur du textile. Dautres rencontres devraient suivre pendant les prochaines semaines. Pour notre secteur, la convention signe renvoie un mmorandum dentente entre le ministre de lIndustrie et le ministre de lAgriculture pour la dfinition dune stratgie de dveloppement du secteur des industries agro-alimentaires et llaboration dun projet de contrat-programme, affirme Berrada Sounni pour qui ce secteur demeure traditionnel au Maroc, ajoutant quil na pas merg dans le cadre du programme national dmergence industrielle.

Les professionnels soulignent que ce secteur a toujours t pourvoyeur demplois directs et indirects notamment dans le secteur de la logistique, de la distribution, du marketing, de la publicit et de lemballage. Il est fondamental pour assurer la scurit alimentaire du pays dans un contexte de volatilit des prix des matires premires, ajoute le prsident de la Fenagri. Dans ce contexte, la fdration a longtemps exprim son souhait de voir lagroalimentaire occuper une meilleure place dans le cadre des mtiers mondiaux du Maroc. La fnagri se mobilise depuis deux ans pour convaincre de la ncessit dun changement de tempo au niveau du secteur (modernisation, transition nergtique, mise niveau des PME aux standards internationaux de normalisation). ce titre, la Fenagri remarque que le plan dacclration industrielle annonc par le ministre de lIndustrie va dans le bon sens. Encore faut-il attendre que le contrat-programme du secteur soit valid. ce titre, le chantier semble avancer au ralenti. Annonc en fvrier 2013 loccasion des Assises de lindustrie, le projet na pas encore abouti et se situerait encore des niveaux embryonnaires. Les termes de rfrence et le rglement de consultation des entreprises ncessaires au lancement de lappel doffres sont aujourdhui finaliss, affirme le prsident de la fdration. Un appel doffres sera prochainement lanc pour choisir un cabinet afin dtablir un diagnostic du secteur industriel agro-alimentaire, un benchmarking et une proposition de stratgie de dveloppement du secteur. Il est noter que les termes de rfrence ont t prpars par une commission compose du ministre de lIndustrie, du ministre de lAgriculture et de la task force agro-alimentaire Fenagri/CGEM. Alors quon annonait sa signature pour dbut 2014, il semblerait que la Fenagri ait aujourdhui peu de visibilit sur la concrtisation de ce projet. Ce contrat-programme ncessite un temps de rflexion certain de la part des pouvoirs publics : Je ne mavancerai sur aucune date, tranche Amine Berrada Souni. En attendant, la Fenagri qui a reconduit sa tte, depuis prs dun an, le binme Amine Berrada Sounni, PDG dAiguebelle et Sad Moudafi, PDG de Mondelez Maroc, sest dote dun plan daction clair en vue de redresser la comptitivit du secteur lhorizon 2016. La Fdration vise notamment une valuation objective des consquences des accords de libre-change signs.


Amine Berrada Sounni, Prsident de la Fdration nationale des industries agro-alimentaires La convergence avec lUE doit tre slective et progressive

Les CO : Quel impact risque davoir la dcision de lUnion europenne, concernant les prix dentre des fruits et lgumes au march commun, sur le secteur agroalimentaire ?
Amine Berrada Sounni : Nous ne sommes pas encore en mesure dvaluer limpact sur les industries de transformation agro-alimentaires de lacte dlgu sur la mise en uvre de la PAC, vot par lUE dbut avril. Toutefois, cette actualit repose avec acuit la question de la comptitivit des produits marocains. Ce qui sest produit avec lUE pourrait se reproduire avec dautres partenaires conomiques du Maroc. Dans un contexte de mondialisation, chaque pays doit pouvoir adapter sa stratgie aux volutions des autres acteurs. Cela confirme la ncessit davoir une stratgie agro-alimentaire dynamique couvrant lensemble de la chane, depuis la production de matires premires agricoles jusqu la transformation industrielle de celles-ci.

Le secteur agroalimentaire a longtemps souffert des mfaits des ALE. La ngociation de lALECA vous inquite-t-elle ?
ce niveau, notre secteur est surtout concern par les accords sanitaires et phytosanitaires et les obstacles techniques au commerce qui relvent essentiellement de la rglementation et de la normalisation, volets stratgiques sur lesquels la Fenagri se mobilise largement depuis 2011. Le Maroc doit dfinir les secteurs pour lesquels la convergence de sa rglementation vers lacquis communautaire a du sens. Cette convergence ne pourra tre que slective et progressive et ncessitera des moyens considrables. Ces moyens ne peuvent pas se rduire un accompagnement technique des pays membres de lUE ou la mise niveau des organismes de contrle marocains. Nous devons savoir vers quelles destinations nous exporteront demain et dans quelles conditions. Le Maroc ne doit-il pas faire preuve de cynisme conomique linstar de ses partenaires?

Lexportation de nos produits agroalimentaires se fait encore, en grande partie, en vrac. Comment comptez-vous y remdiez ?
Cest lun des sujets sur lesquels la dfinition dune stratgie de dveloppement du secteur apportera des solutions en mettant en uvre plusieurs leviers, notamment la sensibilisation du consommateur, les contrles sanitaires, le dveloppement de lemballage... Le secteur doit faire face aujourdhui une simultanit et une complexit des dfis relever, y compris en ce qui concerne louverture des frontires, la comptitivit, linnovation, la fiscalit, les parts de march lexport... Les solutions doivent tre construites et les rsultats ne seront pas immdiats.


La menace des obstacles non tarifaires
Le secteur a beaucoup souffert de louverture des frontires dans le cadre des accords de libre-change. Laccord le plus dcri demeure sans doute celui dit quadra qui lie le Maroc la Tunisie, la Jordanie et lgypte. Les importations en produits agroalimentaires en provenance de ces pays ne cessent daugmenter tandis que les exportations demeurent relativement stables. La Fdration de lagroalimentaire compte dailleurs mener une valuation de limpact des mesures non tarifaires appliques par les pays avec lesquels le Maroc a des accords de libre-change. La problmatique des obstacles non tarifaires constitue aujourdhui lun des principaux obstacles lamlioration de lexport. Une tude sera galement mene en vue de dterminer pourquoi les exportations marocaines se font encore pour lessentiel en vrac (cas des conserves de fruits et lgumes et de lhuile dolive) ou sous des marques de distributeurs (cas des conserves de poissons).