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Agroalimentaire : les valeurs cotées divisent les analystes - La Vie éco - 16 décembre 2013

Malgré le développement du marché local et les opportunités à l’export, la capacité bénéficiaire du secteur devrait baisser de 13% à fin 2013. Le secteur pâtit essentiellement de la dépendance de l’amont agricole et de la volatilité des matières premières à l’international. Les analystes recommandent d’accumuler Cosumar, de vendre Centrale Laitière et d’alléger Lesieur et Brasseries du Maroc.

Agroalimentaire

Le secteur agroalimentaire coté en bourse présente des perspectives de croissance assez favorables au cours des deux prochains exercices. C’est du moins ce qui ressort d’une récente étude réalisée par BMCE Capital. D’après les rédacteurs, le secteur bénéfice d’un positionnement stratégique du pays, de moyens logistiques en développement ainsi que d’une main-d’œuvre agricole qualifiée. S’ajoute à cela l’existence de plusieurs modèles d’entreprises agricoles et agro-industrielles réussis. Le développement du marché local offre, en outre, un important potentiel du fait de l’amélioration du niveau de vie, de la vulgarisation des produits ainsi que du changement des habitudes de consommation des Marocains. Toutefois, le secteur se heurte à plusieurs contraintes au niveau de l’amont dont notamment la faiblesse des investissements, l’absence d’organisation, l’insuffisance d’encadrement, en plus de ressources en eau limitées, un foncier morcelé et un assolement dominé par les céréales.

Dans ces conditions, selon les estimations des analystes, le secteur agro-industriel coté devrait dégager, à fin 2013, des bénéfices de 1,5 milliard de DH, en baisse de 13% par rapport à 2012, pour des revenus en progression de 5,6%, à 25,6 milliards de DH. En 2014, le résultat net devrait se situer à 1,8 milliard de DH, en accroissement de 19% pour un chiffre d’affaires en hausse de 6,4% à 27,3 milliards de DH.

Compte tenu de ces prévisions, sur quelles valeurs du secteur faut-il miser ? Les analystes de BMCE Capital recommandent d’accumuler le titre Cosumar dans les portefeuilles et le valorisent à 207 DH, ce qui offre un potentiel de croissance de 8% par rapport au cours du 10 décembre (1951 DH). En fait, le redressement de la demande à partir du 2e trimestre de cette année, couplé à une campagne sucrière plutôt favorable devraient permettre une croissance des ventes de Cosumar par rapport à 2012. D’ailleurs, le groupe prévoit la réalisation de 37000 hectares de betterave à sucre, soit 95% de son programme, et le renforcement de ses capacités de conditionnement. En parallèle et dans le cadre de sa stratégie de diversification, le sucrier national a lancé une gamme de produits à base de Stevia et compte se positionner en tant que leader sur ce nouveau segment. Du coup, les revenus du groupe devraient s’établir à 6 milliards de DH à fin 2013, en hausse de 1,5% pour un résultat net part du groupe de 730 MDH, presqu’au même niveau une année auparavant.

Contrairement à Cosumar, la société de bourse recommande d’alléger le titre Lesieur Cristal. Elle prévoit que son cours enregistre une baisse de 9,5% pour atteindre 95 DH contre 105 actuellement. En cause, des coûts énergétiques élevés et une forte dépendance de l’amont agricole pour l’huile d’olive et des cours mondiaux des graines oléagineuses et des huiles brutes. Toutefois, le groupe prévoit de s’engager davantage dans l’agrégation de la filière graine de colza avec un objectif de traiter 200 000 tonnes, ce qui devrait permettre de produire 100 000 tonnes d’huile de tournesol. Pour le segment de l’huile d’olive, Lesieur envisage le développement de sa capacité de production oléicole à 13 000 tonnes par an, sachant que la marque d’huile «al horra» devrait permettre de renforcer le positionnement de la société sur ce créneau. En tout cas, l’activité du groupe devrait générer des revenus de 4,3 milliards de DH, en hausse de 4% par rapport à fin 2012. Les bénéfices, eux, devraient se situer à 106 MDH, soit le même niveau que l’exercice précédent.

La même recommandation est livrée pour Brasseries du Maroc dont le cours a davantage baissé par rapport au cours cible (2 240 DH) pour atteindre 2 161 DH. Les analystes estiment que les réalisations de cet exercice devraient s’inscrire en retrait par rapport à 2012, et ce, en dépit de la mise en place d’une stratégie de diversification. Cependant, le groupe devrait accroître les capacités de production de sa filiale SVCM à plus de 14 000 hectolitres de vins annuellement. Il devrait également développer son activité à l’export compte tenu du potentiel que recèle l’Afrique subsaharienne. Le segment eau n’est pas en reste puisque la société table sur le renforcement de la capacité de production de sa filiale pour la porter entre 15 000 et 20 000 hl d’eau en bouteille par mois. Ce qui situerait sa part de marché dans une fourchette comprise entre 10% et 15%. Dans ces conditions, Brasseries du Maroc devrait enregistrer une hausse des revenus de seulement 1,5%, à 2,4 milliards de DH. Le résultat net part du groupe, lui, devrait se contracter de 16,8% pour totaliser 275 MDH.

Quant à Centrale Laitière, elle est recommandée à la vente avec un cours qui devrait baisser de 24% pour atteindre 1103 DH. En plus des ambitions de développement à l’international qui demeurent contenues, le groupe pâtit d’une forte dépendance de l’amont agricole et de l’évolution des prix de la poudre de lait sur les marchés mondiaux. Il faut dire aussi que l’élargissement de l’offre sur le marché du lait et des produits laitiers frais ne manquerait pas d’affecter les résultats de la société. Pour palier ces difficultés, Centrale laitière compte améliorer l’amont laitier à travers, entre autres, l’extension des réseaux de collecte dans l’objectif d’atteindre l’autosuffisance laitière nationale. A moyen terme, l’agro-industriel envisage de tirer profit de sa filiale Lait plus, ce qui devrait permettre d’exporter du lait notamment vers l’Europe et l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, la société de bourse table sur un chiffre d’affaires de 7 milliards de DH en 2013, en hausse de 4,5% pour des bénéfices en baisse de 38,7%, à 290 MDH.