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Agroalimentaire : Toujours pas de contrat-programme - L'ECONOMISTE - 07 novembre 2013

Le projet de budget loin des attentes des industriels
Fiscalité, rareté des matières premières, manque d’innovation… les freins
           
Agroalimentaire Toujours pas de contrat-programme
L’agroalimentaire est considéré comme la 2e branche industrielle du pays avec près de 30% de la production du pays

Le Maroc aura beau investir dans l’agriculture, la stratégie de développement sera inachevée sans une véritable industrie agroalimentaire en aval. Un constat qui peut paraître évident, mais qui ne se traduit pas forcément sur le terrain. Le taux de transformation des produits agricoles ne dépasse guère les 15% au Maroc.  A titre de comparaison, la Tunisie est à 35% de taux de transformation alors que d’autres pays européens sont à 100%. Certes, l’agroalimentaire a été choisi parmi les métiers mondiaux du plan Emergence, mais sans de véritables résultats sur le terrain. Le secteur attend toujours la signature de son contrat-programme.  Faute de mieux, la filière espérait quelques mesures au niveau du projet de loi de finances 2014, en particulier sur le volet fiscal. A contrario, le projet de budget augmente les taux de TVA applicables à plusieurs intrants de l’industrie agroalimentaire. Il s’agit  du riz, du sel, de la margarine et même de la conserve de sardines. Pourtant, la Fédération nationale de l’agro-industrie (Fenagri) avait des propositions totalement différentes. La plus importante se base sur les recommandations du CESE qui appelle à un retour au principe fondateur de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour le tissu productif agroalimentaire en mettant en place une TVA qualifiée de «théorique». Cette mesure vise à neutraliser l’exonération de TVA qui touche l’amont agricole et qui crée un énorme butoir chez les industriels. Pour rétablir cette neutralité, la corporation propose deux solutions. La première porte sur l’application aux produits agroalimentaires d’un taux de TVA réduit (4% au lieu des 20% actuels) considérant que ce sont des produits de première nécessité dont le prix doit être réduit. Cette mesure est en contradiction avec les nouvelles orientations fiscales de l’Etat qui visent à avoir uniquement deux taux de TVA. La deuxième proposition, la plus plausible, permettra de mettre en place un dispositif permettant aux industriels de déduire de la TVA collectée sur les produits transformés vendus une TVA fictive pour les intrants hors champ. Les professionnels se basent sur le principe que la TVA ne doit toucher que la valeur ajoutée. Aujourd’hui, les choses ne sont pas encore totalement tranchées. Les tractations entre le gouvernement et le Parlement ne font que commencer. La nouvelle majorité va sans doute apporter sa touche au projet de budget. Et le secteur de l’agroalimentaire a fortement besoin d’un coup de pouce. En plus de la fiscalité, l’industrie alimentaire accuse un problème d’accès à une matière première compétitive en prix et en qualité. En effet, la production agricole ne colle pas toujours aux besoins des industriels qui sont obligés d’importer une bonne partie de leurs besoins.
S’y ajoute la très forte concurrence étrangère. Avec la signature de différents accords de libre-échange, en particulier avec la Turquie, le marché marocain a connu des importations massives au détriment des produits locaux. Au-delà de l’attachement à la production nationale, les industriels marocains n’ont pas beaucoup investi dans la recherche et développement. Hormis quelques exceptions, les produits restent rudimentaires sans un véritable effort sur le packaging et les saveurs.
Pour l’heure, l’agroalimentaire est porté par pas moins de 2.000 entreprises. Les 50 plus importantes entreprises assurent près de 55% de la production.  Le secteur emploie 105.000 personnes. Sur les 5 dernières années, l’activité affiche une croissance moyenne de 8%. Celle-ci est encore plus importante à l’export. A fin septembre, les exportations de l’industrie alimentaire ont connu une hausse de 13% à plus de 15 milliards de DH. Les principales filières sont la viande, le lait, les corps gras, les fruits et légumes et la transformation des céréales et farines.